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Louis-Ferdinand Céline revisité en mots et en musique
27/03/2014

Dans le cadre du 10e festival départemental de lectures musicales « Par Monts et par mots » initié par la Médiathèque départementale du Cantal, Michel Genniaux, accompagné musicalement par Vincent Dubus, a lu un extrait de Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline à la Maison des associations de Cézens.

 

 

 

 

Jeudi 20 mars, accueillie par la Communauté de communes du Pays de Pierrefort-Neuvéglise, une vingtaine de curieux s’est déplacée à la Maison des associations de Cézens pour plonger dans le Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline. L’ouvrage de l’écrivain a été sélectionné dans le cadre de cette 10e édition du festival de lectures musicales dont le thème est la Grande Guerre – ont aussi été choisis Les Sentiers de la Gloire d’Humphrey Cobb mais aussi Le Feu d’Henri Barbusse –. Ce festival a d’ailleurs reçu le label national dans le cadre des commémorations de la Grande Guerre.

20/03/2014 - Lecture musicale de Michel Genniaux (lecteur) et Vincent Dubus (musicien) du roman Voyage au bout de la nuit de Céline

 

Bardamu, un héros tourmenté
Dans une ambiance tamisée, Michel Genniaux a lu au public une soixantaine de pages de l’ouvrage pendant près d’1h30. Vincent Dubus s’est lui chargé de poser un fond sonore à la lecture, fait de piano et de sons enregistrés propices à faire travailler l’imaginaire. L’extrait ? Celui dans lequel Bardamu, héros de l’ouvrage, est en route vers les Etats-Unis. « Ce texte a l’avantage de traiter plusieurs visions de la Guerre : sur le front et à l’arrière », indique Vincent Dubus. Un extrait pendant lequel ce personnage fait part de ses états d’âmes fragiles de soldat propulsé dans un monde brutal, violent et incompréhensible.

« Céline, un génie de la littérature »
Ensemble, le lecteur et le musicien ont travaillé pendant près de trois mois pour mettre en mots et en musique le texte de Céline. « Ça a été difficile de préparer cette lecture. On a l’habitude de travailler ensemble mais c’est vrai que pour celle-là, on a dérouillé, tant le texte est bien ciselé », lance d’ailleurs Vincent Dubus, après avoir fini la lecture, soulagé d’avoir réussi son intervention à Cézens. Michel Genniaux confirme, mettant en avant le talent littéraire avéré de Louis-Ferdinand Céline : « Ce qui nous reste de Céline, ce sont probablement toutes les insanités antisémites qu’il nous a laissées dans ses pamphlets. Pour autant, il n’en reste pas moins un génie de la littérature. Car il a totalement renouvelé le genre romanesque. Il a réussi cet incroyable tour de force d’employer une langue populaire en faisant des longues phrases à la Proust, en jouant sur les rythmes et les sonorités », explique-t-il.

Lire Céline devient alors un exercice spécifique et délicat… « Ça n’est pas si facile car il faut s’imprégner des rythmes imposés par l’auteur et redoubler de vigilance pour ne pas se laisser endormir par sa prose. La prose de Céline est unique. Ça n’est pas simplement de l’argot. Il était médecin et son procédé d’écriture s’en ressent : il jette ses mots sur le papier jusqu’au moment où il tient une idée. Cette idée, il la dissèque et l’explore pendant plusieurs pages. Une forme de délire littéraire qu’il expérimente », renchérit ainsi Michel Genniaux. En tout cas, à Cézens, la musique et les mots ont de nouveau fait bloc et le rendu était éloquent.