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{PORTRAIT} Arnaud Hubert, maraîcher bio à Sainte-Marie : récit d'une reconversion professionnelle réussie !
25/11/2014

À Claverette (commune de Sainte-Marie), Arnaud Hubert, 34 ans, nous a consacré du temps pour se présenter. Depuis le mois de mars 2014, ce jeune homme est installé en maraîchage biologique. Il est le visage d’une reconversion réussie. Passionné de la nature, Arnaud nous a dévoilé son parcours et son projet. Tout en simplicité. Portrait complet de ce nouveau visage au Pays de Pierrefort-Neuvéglise…

BIO EXPRESS

1980 : Naissance à Blanc-Mesnil (Seine Saint-Denis) : grandit à Bobigny et Drancy

1988 : Premiers pas dans le jardin avec son grand-père

1999 : Obtention du Bac littéraire

2002 : Commence à travailler dans le domaine de la logistique

16 octobre 2012 : arrivée dans le Cantal à Pierrefort

Du 10 septembre au 21 novembre 2013 : Passe la formation à la Ferme de Sainte-Marthe

1er mars 2014 : Acquisition officielle du terrain, soit 2 hectares

Juin 2014 : Début de la vente directe

Juillet 2014 : Début de la distribution hebdomadaire de paniers de légumes à l'AMAP de Pierrefort

Août 2014 : Début de la vente de légumes à la brasserie "Au Coin d’Aubrac" de Chaudes Aigues

 


Tout débute à Drancy, en région parisienne

« Le premier qui m’a mis les mains dans la terre, c’est mon grand-père maternel. » Voilà l’origine de la passion d’Arnaud Hubert. Le « premier point d’ancrage », comme il dit…
Alors âgé de 8 ans, Arnaud grandit à Drancy (ville de Seine Saint-Denis). Il découvre aux côtés de son grand-père les joies du jardinage. D’abord, il aide son aïeul à mettre en place le jardin.
« Quand il a été à la retraite après une carrière de menuisier, mon grand-père a réalisé l’un de ses rêves : avoir un jardin avec un verger et un potager », confie Arnaud. Les travaux d’aménagements durent deux ans. « Je l’ai aidé à planter des arbres, je me suis occupé du potager avec lui… », se souvient-il. Le grand-père octroie même un espace à son petit-fils pour qu’il gère son propre potager, bien à lui. Un souvenir impérissable.
« Même si j’étais petit, je voyais bien qu’on grandissait dans le béton… Au potager, j’étais dans une bulle. C’était mon premier terrain de jeu en contact direct avec la nature. J’y allais dès que possible… »
Son grand-père décède lorsqu’il a 15 ans. Une grande perte pour Arnaud. Mais cela ne l’empêche pas de continuer, en grandissant, à accorder un intérêt pour le jardinage et, plus globalement, pour la nature. Il faut dire aussi qu’il n’y a pas que son grand-père qui lui a donné le goût du jardinage. Arnaud a d’ailleurs des racines paysannes et il se plaît à le rappeler…
« Durant mon enfance, je suis parti en vacances à la ferme chez mon arrière-grand-mère paternelle mais aussi chez mes grands-oncles en Eure-et-Loir qui étaient éleveurs laitiers… »



En amoureux de la nature, Arnaud se reconvertit

En 1999, il obtient le bac littéraire. Puis, il commence à travailler dans le domaine de la logistique en région parisienne.
Il a occupé notamment pendant 4 ans de 2009 à 2012 le poste de responsable de l’ordonnancement et de la gestion des stocks dans une grande entreprise située à Pantin. Mais, l’atmosphère est devenue pesante… « J’ai été confronté à une situation professionnelle pénible où l’humain était finalement devenu du détail… Et d’un point de vue personnel, il faut bien reconnaître que nous vivions dans un éco système pollué et tout était trop rapide, on ne prenait plus le temps de rien », se remémore Arnaud. Progressivement, ça devient donc plus difficile de se mettre dans sa bulle.
Cependant, il continue à se documenter sur le fonctionnement des plantes et de la nature. Il comprend à quel point « la nature est une véritable source permanente de connaissance, de curiosité et d’épanouissement… ». Alors quand sa compagne est mutée en 2012 dans le Cantal, à Pierrefort, Arnaud saisit l’aubaine. Il décide de concrétiser un projet de vie auquel il réfléchissait avec sa compagne depuis plusieurs années. Même si ça n’est pas évident…
« Dans l’esprit, je savais que vivre en région parisienne n’était plus compatible avec le projet de vie désiré avec ma conjointe. Mais, j’ai quand même eu besoin d’un peu de temps de réflexion avant de m’installer dans le Cantal car je devais quitter ma famille et mes amis proches... », avoue Arnaud.
Il conçoit alors son nouveau projet professionnel : celui de devenir maraîcher en utilisant les méthodes de l’agriculture biodynamique et de la permaculture, « deux influences prépondérantes d’un point de vue philosophique et technique ». Un choix qui aurait sans doute plu à son grand-père… Il peaufine son projet et, bien décidé à le réussir, rejoint sa compagne à Pierrefort le 16 octobre 2012.

L'arrivée dans le Cantal et un lot de rencontres incroyables
Une fois les valises posées, Arnaud fait petit à petit connaissance avec les gens qui l'entourent dans son nouvel écrin de verdure. Déjà séduit par les paysages verdoyants qu'offrent le Pays de Pierrefort-Neuvéglise, il apprécie discuter avec quelques cantaliens qu'il côtoie. Des rencontres encourageantes. Et réconfortantes.
« Ce qui m'a vraiment plu, c'est qu'au travers des discussions, j'ai vu des amoureux de la nature. Ça m'a conforté dans mon projet de m'installer en tant que maraîcher... » Il se met à parler de son projet. Les gens le soutiennent. Contexte idéal pour se lancer et croire en son projet ! Épaulé par sa conjointe, il met ainsi progressivement en place les choses : réflexion sur le budget prévisionnel, détermination des besoins, choix des semences en zone montagneuse, etc.
Et pour l'aider davantage, pendant 50 jours entre septembre et novembre 2013, il suit la formation "Agriculture bio et filières" à la Ferme de Sainte Marthe, domaine de 160 hectares, dans la commune de Millancay, à 8 km au nord de Romorantin sur la route d'Orléans. 50 jours fructueux et enrichissants aux côtés de très bons formateurs issus du métier et de stagiaires motivés... « C'est aujourd'hui une étape cruciale dans mon parcours car la formation m'a amené de solides connaissances sur le métier de maraîcher et m'a permis de concevoir plus précisément mon projet et d'affiner certaines de mes orientations... », explique Arnaud.
Dans le même temps, sa compagne participe à des réunions avec la Cant'ADEAR, Association pour le Développement de l'Emploi Agricole et Rural dans le Cantal. Là-bas, elle y rencontre Roger Vaissade, à qui Arnaud loue aujourd'hui le terrain à Claverette. Une chance incroyable, comme l'estime Arnaud : « Cette rencontre a été décisive ! En effet, Roger est un sacré bonhomme... C'est quelqu'un d'entier qui m'a apporté et m'apporte encore beaucoup. Je lui dois une fière chandelle... » Au niveau opérationnel, Roger a aidé Arnaud à se mettre sur les bons rails. Il l'a effectivement aidé à optimiser son outillage et lui a confié certaines de ses connaissances...

Rencontre avec Arnaud Hubert, maraîcher bio à Sainte-Marie (Novembre 2014)

Un projet bien ficelé
Avec ce beau parcours, Arnaud se consacre aujourd'hui pleinement et avec gaieté à sa nouvelle vie de maraîcher. Sa reconversion professionnelle le réjouit. Son projet est orienté vers deux aspects : l'un pédagogique, l'autre économique.
Arnaud clarifie : « Au-delà de la production de légumes sains, j’aimerais à la fois utiliser les jardins comme support pour faire la promotion de l’agro écologie et changer l’image de l’agriculture biologique en appliquant des tarifs respectables. » En d’autres termes, prendre le temps de discuter avec les clients de sa philosophie et de présenter sa façon de travailler. Une autre facette lui paraît aussi essentielle : celle d’offrir une alimentation saine à ses clients. « Ce qui me fait lever tous les jours le matin et qui me donne envie de dépenser autant d’énergie dans mon travail, c’est de me dire en toute modestie que ce que je fais contribue à garantir une bonne santé à mes clients… Car c’est indéniable : la première des médecines, c’est l’alimentation. Comme le disait Hippocrate d’ailleurs : "Que l’aliment soit ton médicament". »

De très bons débuts…
Fort de ce projet et au moment de tirer le bilan en cette fin d’année, tout va bien pour Arnaud !
En effet, grâce au bouche à oreille ou à ses initiatives, il a développé ses modes de commercialisation. En juin dernier, il commence la vente directe. Puis, il s’est rendu dans quelques marchés : à Malbo cet été le 27 juillet, au village vacances de Lanau (Neuvéglise) à la fin du mois d’août et à la Fête de la courge de Saint-Flour « De la Graine à la Soupe » le 19 octobre dernier… En complément, chaque semaine, il distribue ses légumes aux adhérents de l’AMAP de Pierrefort depuis la fin juillet et à la brasserie "Au Coin d’Aubrac" de Chaudes-Aigues depuis début août.
Une très grande satisfaction : « Une chose est sûre, je suis pleinement satisfait du travail effectué et des ventes réalisées depuis mon lancement. C’était inespéré ! Je me sens soutenu par mes proches et quelques personnes au niveau local qui ont visité les jardins mais aussi par l’Association pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP) de Pierrefort. La même année de mon installation en tant que maraîcher, une AMAP s’est créée et là aussi, j’en suis ravi. Car, mine de rien, c’est un sacré défi de lancer une association de ce type. L’AMAP a une valeur sociale très forte. Ça n’est pas seulement un endroit où les personnes viennent acheter leurs produits. C’est surtout un endroit où elles échangent… Et ça rejoint tout à fait mon objectif de démocratiser le bio. Car, grâce à l’AMAP, on permet aux gens de s’intéresser à l’agriculture biologique et à une nourriture saine… Sans oublier l’esprit solidaire de l’association car je n’oublie pas que certaines personnes de l’association m’ont aidé à m’installer (monter les serres, récolter) et cet aspect-là, je ne l’avais en rien anticipé ! »


Bref, le jeune maraîcher est conquis : « Je le sais, j'ai beaucoup de chance. Pour la viabilité de mon projet, je m'étais imposé une sorte de cahier des charges très précis. Car ce fut et ça reste toujours un challenge de faire du maraîchage bio à 1 000 mètres d'altitude... Ce qui était important pour moi, c'était de trouver un endroit où l'éco système était préservé. C'est entièrement le cas à Claverette. Je suis tombé sur l'endroit parfait avec une belle terre, un éco système remarquablement sauvegardé, une très bonne exposition à la lumière, une protection des vents dominants et un accès à l'eau... Sans oublier le soutien indéfectible de Roger Vaissade, devenu un ami. »
À ce moment, Arnaud s'arrête. Son regard s'immobilise. Puis il pose cette question dont il connaît déjà la réponse, tout sourire : « Que demander de plus alors ? »
Rien, naturellement, si ce n’est que le projet puisse se développer. On l’espère…

 

Les Jardins Bio-Alternatifs de Claverette
06 63 14 03 06
jardinsbioalternatifs@yahoo.fr

Vente directe les lundis, mardis, jeudis et samedis
Préferez téléphoner au préalable
 

Vente de légumes, plantes aromatiques et petits fruits rouges de saison.

Allez découvrir et discuter avec Arnaud HUBERT,
maraîcher biologique à Claverette (Sainte-Marie) installé depuis mars 2014 !

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